À Oakland, en Californie, le procès visant Meta sur les risques liés à Facebook et Instagram a débuté avec le témoignage d’Arturo Béjar, ancien spécialiste de la sécurité devenu lanceur d’alerte. Au centre des accusations : des choix de conception pensés pour retenir les jeunes utilisateurs, malgré des alertes internes sur leur bien-être. Meta conteste fermement avoir privilégié l’engagement au détriment de la sécurité.
Le procès qui s’est ouvert en août 2026 à Oakland, en Californie, ne porte pas seulement sur des contenus problématiques publiés sur Facebook ou Instagram. Il interroge le fonctionnement même des plateformes de Meta : le défilement infini, la lecture automatique des vidéos, les notifications, les recommandations algorithmiques ou encore les compteurs de « j’aime ».
Les États américains à l’origine de la procédure soutiennent que ces mécanismes auraient été conçus pour prolonger l’attention des jeunes utilisateurs, accroître leur temps de présence et, par conséquent, les revenus publicitaires générés par les plateformes. Ils accusent Meta d’avoir minimisé ou dissimulé les risques auxquels ses produits exposeraient les adolescents.
Pour ouvrir les débats, les plaignants ont mis en avant un témoin clé : Arturo Béjar. Cet ancien ingénieur et consultant, qui a travaillé plusieurs années sur les questions de sécurité chez Facebook puis Instagram, affirme que l’entreprise disposait d’alertes et d’études internes sur les expériences négatives vécues par des jeunes utilisateurs. Selon son témoignage, la sécurité n’aurait pas bénéficié de la même priorité que la croissance de l’audience.
Meta rejette ces accusations. L’entreprise soutient avoir investi dans la protection des adolescents et avoir cherché à répondre à des enjeux complexes, que la technologie seule ne peut résoudre. Entre ces deux récits, le procès pourrait devenir un moment important dans la manière dont les grandes plateformes sont tenues responsables de leurs choix de conception.
Un procès qui dépasse la question des contenus publiés en ligne

L’affaire portée devant le tribunal fédéral du district nord de Californie s’inscrit dans une vague plus large de procédures engagées aux États-Unis contre les plateformes numériques. Les plaignants ne reprochent pas uniquement à Meta l’existence de contenus violents, anxiogènes, sexuels ou trompeurs sur ses services.
Leur raisonnement est plus profond : ils ciblent l’architecture des produits.
Autrement dit, la question posée n’est pas seulement de savoir si Facebook ou Instagram retirent assez vite des contenus nuisibles. Elle est de déterminer si certaines fonctionnalités, par leur conception même, favoriseraient une utilisation compulsive chez les adolescents.
Les procureurs de plusieurs États américains affirment notamment que Meta aurait développé ou maintenu des outils destinés à prolonger la navigation et à multiplier les interactions. Le défilement infini, qui évite à l’utilisateur d’arriver à une fin naturelle dans son fil, l’enchaînement automatique des vidéos ou les alertes envoyées à des moments choisis participent tous à une expérience sans véritable point d’arrêt.
Cette logique est au cœur de l’économie de l’attention. Plus un utilisateur reste longtemps sur une plateforme, plus il produit des signaux exploitables à des fins de recommandation et plus il est susceptible de voir des publicités. Cela ne suffit pas, en soi, à caractériser une faute. Mais les plaignants cherchent à démontrer qu’il y aurait eu, chez Meta, une connaissance des risques spécifiques pour les mineurs et une insuffisance des réponses mises en place.
L’enjeu judiciaire est donc considérable. Si la justice reconnaissait que certaines fonctionnalités d’engagement peuvent être assimilées à un défaut de conception lorsqu’elles exposent les jeunes à un risque prévisible, les répercussions pourraient dépasser Meta. D’autres réseaux sociaux, plateformes de vidéo, jeux en ligne et services fondés sur la recommandation algorithmique suivraient nécessairement le dossier avec attention.
Arturo Béjar, l’ancien spécialiste de la sécurité devenu témoin central
Arturo Béjar occupe une place particulière dans ce procès. Il ne s’agit pas d’un observateur extérieur, d’un chercheur universitaire ou d’un représentant d’association. Il a travaillé au sein même de Facebook, puis comme consultant sur les sujets de bien-être chez Instagram.
D’après les éléments rapportés par NPR, Arturo Béjar a exercé chez Facebook entre 2009 et 2015, notamment sur les questions de cyberharcèlement. Il est ensuite revenu travailler comme consultant entre 2019 et 2021, dans une équipe consacrée au bien-être sur Instagram.
Son témoignage s’appuie donc sur une expérience interne longue, couvrant plusieurs périodes clés du développement des plateformes. À la barre, il a décrit une culture d’entreprise dans laquelle les indicateurs d’usage auraient pesé davantage que les dispositifs de sécurité destinés aux adolescents.
Selon lui, des études internes mettaient en évidence des expériences négatives subies par certains utilisateurs, notamment des mineurs, sur Facebook et Instagram. Ces travaux s’intéressaient aux interactions hostiles, au contenu nuisible et aux effets émotionnels ressentis par les jeunes. Mais les évolutions de produit susceptibles de réduire ces risques auraient rencontré des difficultés importantes de mise en œuvre.
Arturo Béjar a également remis en cause les déclarations publiques de Mark Zuckerberg affirmant que Meta ne plaçait pas ses profits au-dessus de la sécurité et du bien-être des utilisateurs. Sa position est claire : à ses yeux, les arbitrages internes auraient favorisé la croissance de l’usage plutôt que des changements suffisamment ambitieux dans la conception des produits.
Ces propos restent un témoignage dans le cadre d’une procédure en cours. Ils ne constituent pas une décision de justice. Mais leur poids tient à la fonction exercée par leur auteur et à sa proximité avec les équipes chargées de traiter les risques liés aux plateformes.
Une expérience personnelle à l’origine de son retour chez Meta
L’ancien consultant a expliqué que son retour au sein de l’entreprise avait été lié, en partie, à l’expérience de sa propre fille adolescente sur Instagram. Il a évoqué les messages et images à caractère sexuel que celle-ci aurait reçus après son inscription sur la plateforme.
Ce point donne une dimension personnelle à son intervention, sans remplacer l’enjeu structurel du procès. Car ce que les plaignants tentent d’établir n’est pas l’existence d’un incident isolé, aussi grave soit-il. Ils cherchent à convaincre le tribunal que des choix de produit ont pu faciliter l’exposition répétée de jeunes utilisateurs à des expériences nocives ou les maintenir durablement connectés malgré leurs effets négatifs.
Béjar avait déjà publiquement critiqué Meta avant ce procès. En 2023, il avait témoigné devant une commission du Sénat américain et décrit ses préoccupations concernant l’exposition des jeunes à certains contenus liés, notamment, au harcèlement, aux troubles alimentaires, aux drogues ou à l’automutilation.
Son intervention à Oakland donne toutefois un cadre nouveau à ces alertes : celui d’un procès où les déclarations peuvent nourrir une décision judiciaire et d’éventuelles mesures contraignantes contre l’entreprise.
Défilement infini, lecture automatique, « likes » : les fonctionnalités dans le viseur

Le mot « addiction » est souvent utilisé dans le débat public pour désigner une relation excessive ou difficile à contrôler avec les réseaux sociaux. Sur le plan médical comme sur le plan juridique, il faut néanmoins employer ce terme avec prudence. Tous les usages intensifs ne relèvent pas d’une addiction, et la situation d’un adolescent ne peut être réduite au seul nombre d’heures passées en ligne.
Le procès se concentre plutôt sur des mécanismes concrets susceptibles de renforcer des comportements répétitifs : continuer à faire défiler, vérifier une notification, relancer une vidéo, consulter le nombre de réactions à une publication ou attendre une nouvelle recommandation.
Parmi les fonctionnalités discutées figurent notamment :
- le défilement infini, qui élimine la fin d’une page ou d’un fil d’actualité ;
- la lecture automatique des vidéos ;
- les recommandations personnalisées ;
- les compteurs publics de mentions « j’aime » ;
- les notifications destinées à faire revenir l’utilisateur ;
- certaines options ou filtres pouvant alimenter des comparaisons sociales.
Pour les plaignants, ces outils ne sont pas neutres. Ils auraient été pensés pour réduire les moments où l’utilisateur choisit consciemment de s’arrêter. Dans un fil paginé, atteindre le bas de l’écran impose une décision : faut-il charger la suite ? Dans un fil infini, le contenu apparaît sans interruption. L’effort consiste alors à quitter l’application, et non à poursuivre la navigation.
Cette différence peut sembler minime. Elle est pourtant au cœur des débats sur le « design persuasif », c’est-à-dire les choix de conception qui orientent les comportements. Le point de friction, le rappel de l’heure, l’arrêt automatique, l’absence de notification ou le choix d’un fil chronologique peuvent modifier l’expérience utilisateur sans empêcher totalement l’accès au service.
Arturo Béjar a qualifié plusieurs de ces fonctions de dangereuses par nature pour les adolescents, selon le compte rendu de NPR. Il a notamment mis en cause le défilement infini, la lecture automatique et les compteurs de « j’aime ».
Son argument est le suivant : lorsqu’une mesure de sécurité repose uniquement sur une option activable par l’utilisateur, son efficacité est limitée. Un adolescent en difficulté, attiré par la dynamique de la plateforme ou peu conscient des réglages disponibles, ne va pas nécessairement modifier de lui-même les paramètres censés le protéger.
La défense de Meta : un problème complexe, des outils déjà déployés
Meta conteste les accusations formulées par les États américains. L’entreprise affirme être attentive aux risques auxquels les adolescents peuvent être confrontés et avoir engagé des moyens pour y répondre.
Selon le récit de la défense rapporté par NPR, Meta soutient ne pas avoir trompé le public sur les risques associés à ses plateformes. Son avocat a fait valoir que l’entreprise était consciente des enjeux de protection des jeunes et qu’elle avait travaillé à développer des réponses.
Ce point est essentiel dans un dossier aussi sensible : un procès ne se résume jamais à l’accusation. Les faits, les documents internes, les témoignages et les méthodes employées devront être examinés de manière contradictoire. La justice devra notamment distinguer ce qui relève d’une difficulté technique ou sociale réelle de ce qui pourrait relever d’un choix de priorités contestable.
La défense peut aussi souligner qu’aucun outil de modération, de contrôle parental ou de limitation du temps d’écran ne suffit à lui seul à résoudre l’ensemble des risques associés aux usages numériques des adolescents. Les réseaux sociaux évoluent vite. Les pratiques de contournement existent. Les interactions nocives peuvent se déplacer d’une fonction à l’autre, d’une messagerie à une plateforme concurrente, voire hors ligne.
Meta a développé plusieurs options de sécurité et de supervision, dont certaines visent les comptes adolescents. L’enjeu du procès sera donc moins de savoir si l’entreprise n’a absolument rien fait que d’évaluer si les mesures prises étaient suffisantes, adaptées, efficaces et cohérentes avec les risques connus.
C’est ici que le débat sur les réglages par défaut prend une importance particulière. Une protection facultative peut être perçue comme un outil de responsabilisation par l’entreprise, mais comme une protection insuffisante par ses critiques. Le désaccord ne porte donc pas seulement sur l’existence des dispositifs, mais sur leur conception, leur accessibilité et leur capacité à modifier réellement les comportements.
Une procédure portée par plusieurs États américains

Le procès d’Oakland réunit un groupe d’États américains, parmi lesquels la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey, selon les informations publiées par NPR.
Les autorités poursuivantes reprochent à Meta d’avoir enfreint des règles relatives à la protection des consommateurs et des enfants, et d’avoir induit le public en erreur sur les dangers potentiels liés à ses plateformes.
Il faut noter que l’affaire est distincte de nombreux autres contentieux engagés aux États-Unis par des particuliers, des familles, des établissements scolaires, des collectivités ou des procureurs généraux. Ces dossiers ne reposent pas tous sur les mêmes fondements juridiques, ni sur les mêmes préjudices allégués. Certains portent sur la santé mentale, d’autres sur le cyberharcèlement, l’exposition à des contenus préjudiciables, l’exploitation sexuelle ou les pratiques de conception.
Mais ils partagent une interrogation : jusqu’où une entreprise technologique peut-elle être tenue responsable des effets produits par des plateformes qu’elle conçoit, organise et monétise ?
Pendant longtemps, le débat a principalement porté sur la modération : faut-il retirer plus vite les contenus illégaux ou dangereux ? Faut-il davantage contrôler les recommandations ? Comment protéger les mineurs ?
Le procès contre Meta déplace le regard vers les mécanismes d’engagement. Ce ne serait plus seulement le contenu qui poserait problème, mais la manière dont l’environnement numérique pousse l’utilisateur à rester, revenir et interagir.
Pourquoi les adolescents sont au centre de l’affaire
L’adolescence est une période de construction identitaire, de socialisation et de vulnérabilité accrue au regard des autres. Les plateformes numériques ne créent pas, à elles seules, les difficultés psychologiques, le harcèlement ou les troubles alimentaires. Il serait erroné de les désigner comme une cause unique de tous les malaises vécus par les jeunes.
En revanche, elles peuvent amplifier certaines dynamiques : comparaison permanente, course à la validation sociale, exposition à des contenus extrêmes, contacts non désirés, rupture de sommeil liée aux notifications, difficulté à se déconnecter ou crainte d’être exclu d’un groupe.
Les adolescents ne constituent pas un groupe homogène. Certains utilisent les réseaux sociaux pour maintenir des liens, s’informer, créer, trouver des communautés de soutien ou développer des projets. D’autres peuvent y vivre des expériences dégradantes, anxiogènes ou répétitives.
C’est précisément pour cette raison que la question des paramètres par défaut est si importante. Une plateforme utilisée par des millions de mineurs ne peut pas, selon les plaignants, se contenter de laisser à chaque jeune, à chaque parent ou à chaque établissement scolaire la charge de neutraliser les mécanismes les plus engageants.
À l’inverse, les entreprises technologiques rappellent souvent que les familles, l’école, l’éducation aux médias et la santé mentale constituent des dimensions indispensables. Les plateformes ne peuvent ni se substituer aux parents ni résoudre seules des problèmes sociaux plus vastes.
Le tribunal devra donc se prononcer sur une ligne délicate : quelle responsabilité attribuer au concepteur d’un environnement numérique, sans nier la diversité des usages ni les autres facteurs qui influencent le bien-être des jeunes ?
De la modération à la responsabilité de conception
Le basculement vers la responsabilité de conception est peut-être la dimension la plus durable du dossier.
La modération concerne principalement ce qui circule sur une plateforme : vidéos, images, commentaires, messages, publicités ou liens. La responsabilité de conception vise ce que la plateforme fait faire à l’utilisateur : afficher, recommander, relancer, faire défiler, notifier, comparer ou prolonger l’expérience.
Cette différence est décisive. Un réseau social peut retirer un contenu dangereux tout en conservant une interface qui incite à une consommation sans interruption. Il peut proposer des filtres de sécurité tout en laissant l’option désactivée par défaut. Il peut avertir sur le temps passé sans introduire de mécanisme qui rende réellement l’arrêt plus facile.
Pour les États plaignants, la réponse ne peut donc pas se limiter à ajouter des menus de réglages. Ils cherchent à établir que certaines fonctions devraient être repensées à la source, en particulier pour les comptes de mineurs.
Cette approche pourrait inspirer les débats réglementaires dans d’autres pays. En France comme dans l’Union européenne, les plateformes sont déjà soumises à des obligations croissantes de protection des mineurs, de transparence et de limitation des risques systémiques. Le procès américain ne crée pas de règle applicable directement en Europe. Il renforce toutefois la pression internationale autour d’une même question : les entreprises doivent-elles concevoir leurs services selon le principe « safety by design », c’est-à-dire la sécurité intégrée dès l’élaboration du produit ?
Quelles conséquences si Meta était condamnée ?
Il est trop tôt pour anticiper l’issue de la procédure. Le procès doit encore examiner les arguments de la défense, les documents produits et les témoignages à venir. Selon NPR, les débats sont prévus pour durer environ six semaines.
Mais plusieurs scénarios sont envisageables en cas de décision défavorable à Meta.
La justice pourrait d’abord imposer des sanctions financières, selon les fondements juridiques retenus et les préjudices reconnus. Toutefois, l’enjeu le plus structurant pourrait être ailleurs : dans l’éventualité de mesures correctrices imposées sur le fonctionnement des services.
De telles décisions pourraient, par exemple, conduire à revoir les mécanismes de recommandation, le défilement infini, les notifications ou les réglages applicables par défaut aux comptes d’adolescents. Ce type de mesure serait plus complexe qu’une simple amende, car il toucherait directement à l’expérience utilisateur et potentiellement au modèle économique publicitaire.
Pour Meta, le risque ne serait donc pas seulement financier. Il concernerait également sa capacité à organiser l’attention des utilisateurs sur Facebook et Instagram.
Pour le secteur, une condamnation fondée sur les choix de design constituerait un précédent important. Elle encouragerait sans doute d’autres plaignants à attaquer les fonctionnalités plutôt que les seuls contenus. Elle pourrait aussi accélérer les débats sur l’encadrement des recommandations, des mécanismes de captation de l’attention et des outils de protection des mineurs.
À retenir
- Le procès engagé contre Meta à Oakland porte sur les risques liés à la conception de Facebook et Instagram pour les adolescents.
- Les plaignants accusent Meta d’avoir conçu certaines fonctionnalités pour prolonger l’usage des plateformes et d’avoir minimisé les risques associés.
- Arturo Béjar, ancien spécialiste de la sécurité chez Facebook et Instagram, est l’un des témoins centraux de l’accusation.
- Il affirme que la sécurité des jeunes utilisateurs n’était pas une priorité significative face aux objectifs d’audience et de revenus.
- Meta dément avoir privilégié le profit au détriment de la sécurité et assure avoir cherché à réduire les risques pour les adolescents.
- Le dossier cible notamment le défilement infini, la lecture automatique, les notifications, les recommandations et les compteurs de « j’aime ».
- Le procès ne tranche pas seulement la question des contenus dangereux : il interroge la responsabilité des entreprises dans la conception même de leurs produits.
- Une éventuelle condamnation pourrait ouvrir la voie à des mesures de modification des interfaces et des fonctionnalités.
FAQ
Quel est le sujet du procès de Meta à Oakland ?
Le procès examine les accusations selon lesquelles Meta aurait conçu Facebook et Instagram de manière à favoriser un usage compulsif chez les jeunes, tout en minimisant ou en dissimulant certains risques associés à ses plateformes.
Qui est Arturo Béjar ?
Arturo Béjar est un ancien salarié et consultant de Meta. Il a travaillé sur les questions de sécurité, de cyberharcèlement et de bien-être des utilisateurs chez Facebook puis Instagram. Il témoigne dans le cadre du procès comme ancien spécialiste interne de ces sujets.
Meta est-elle déjà reconnue coupable ?
Non. La procédure est en cours. Les accusations des États américains, le témoignage d’Arturo Béjar et la défense de Meta doivent encore être examinés contradictoirement par le tribunal.
Pourquoi parle-t-on de défilement infini ?
Le défilement infini permet d’afficher automatiquement de nouveaux contenus lorsque l’utilisateur continue à faire défiler son écran. Les critiques estiment qu’il réduit les moments naturels d’arrêt et peut favoriser une utilisation prolongée des réseaux sociaux.
Les réseaux sociaux provoquent-ils forcément une addiction ?
Non. L’usage fréquent d’un réseau social ne constitue pas automatiquement une addiction. Les effets varient selon les personnes, les usages, l’environnement familial, la santé mentale et le type de contenus consultés. Le procès porte sur les risques allégués de certaines fonctionnalités pour les adolescents.
Meta affirme-t-elle avoir mis en place des protections ?
Oui. Meta conteste les accusations et indique avoir investi dans des dispositifs destinés à réduire les risques pour les adolescents. Le débat judiciaire porte notamment sur l’efficacité réelle de ces mesures et sur leur caractère suffisant.
Mark Zuckerberg va-t-il témoigner ?
Au moment des informations disponibles, les procureurs n’avaient pas confirmé s’ils appelleraient Mark Zuckerberg à témoigner.
Le procès de Meta à Oakland met au jour une évolution majeure du débat sur les réseaux sociaux. La question n’est plus uniquement de savoir si les plateformes modèrent correctement les contenus problématiques. Elle porte aussi sur la manière dont elles sont construites pour retenir l’attention.
Le témoignage d’Arturo Béjar donne une force particulière à l’accusation, car il vient d’un ancien acteur interne des équipes de sécurité. Ses déclarations devront toutefois être confrontées à la défense de Meta, qui conteste toute stratégie de mise en danger délibérée des adolescents.
Quelle que soit l’issue du procès, le dossier fait déjà bouger les lignes. Les interfaces numériques ne sont plus seulement considérées comme des choix techniques ou marketing. Elles deviennent un sujet de responsabilité, de santé publique et, désormais, de contentieux judiciaire.



