Alors que les épisodes de forte chaleur s’installent dans le paysage professionnel, le « coup de chaleur » semble avoir perdu en visibilité dans certains outils administratifs liés aux arrêts de travail. Ce glissement, relevé dans le débat public, interroge : comment prévenir un risque qui peut être mortel si les mots permettant de le qualifier deviennent moins immédiatement identifiables ? Au-delà du formulaire, l’enjeu se situe dans les entreprises, sur les chantiers, dans les ateliers et dans tous les emplois exposés.
Le coup de chaleur ne relève ni d’un simple inconfort estival ni d’une fatigue passagère à supporter en silence. C’est une urgence médicale, susceptible de mettre en jeu le pronostic vital. Pourtant, dans la vie quotidienne des entreprises, le danger peut rester minimisé : un salarié « ne se sent pas bien », un collègue est pris de vertiges, un ouvrier ralentit son rythme sous un soleil intense. Les mots employés paraissent anodins, alors que l’organisme peut déjà être en difficulté.
La question a pris une dimension nouvelle avec l’évolution des procédures d’arrêt de travail. Le remplacement des anciens documents par des formulaires sécurisés et le développement de la télétransmission répondent à une nécessité légitime : protéger l’Assurance maladie contre les fraudes. Depuis le 1er septembre 2025, les avis d’arrêt de travail papier non sécurisés sont ainsi rejetés par l’Assurance maladie. Mais la transformation des formulaires pose aussi une question de santé publique : comment conserver une lecture fine des effets de la chaleur sur la santé des travailleurs ?
Le sujet ne consiste pas à opposer la lutte contre la fraude à la prévention. Ces deux objectifs sont nécessaires. Il consiste plutôt à rappeler qu’une procédure administrative, aussi sécurisée soit-elle, ne doit jamais conduire à rendre moins visible un risque professionnel bien réel. Le coup de chaleur n’a pas disparu des lieux de travail. Il demeure une menace pour les salariés exposés aux températures élevées, aux efforts physiques, aux équipements contraignants ou à des locaux mal ventilés.
Le coup de chaleur, une urgence qui ne doit pas être confondue avec un simple « coup de chaud »

Dans le langage courant, les expressions « coup de chaud », « insolation », « malaise lié à la chaleur » et « coup de chaleur » sont souvent employées indifféremment. Elles ne renvoient pourtant pas toutes au même niveau de gravité.
L’insolation est liée à une exposition directe et prolongée au soleil, notamment au niveau de la tête. Elle peut provoquer de forts maux de tête, des nausées, une sensation de somnolence, de la fièvre et, parfois, une perte de connaissance. Elle exige une vigilance sérieuse.
Le coup de chaleur, lui, correspond à une défaillance de la thermorégulation : le corps ne parvient plus à maintenir sa température interne dans des limites compatibles avec son bon fonctionnement. La température corporelle augmente alors fortement, tandis que l’état général peut se dégrader rapidement.
L’Institut national de recherche et de sécurité rappelle que le coup de chaleur représente le risque le plus grave associé au travail dans des ambiances chaudes. L’organisme humain dispose normalement de mécanismes de défense : transpiration, augmentation du débit sanguin vers la peau, adaptation progressive à la chaleur. Mais ces mécanismes peuvent être dépassés, notamment lorsque la température est élevée, que l’air est humide, que l’effort est intense ou que l’exposition se prolonge.
Les signes qui doivent alerter immédiatement
Plusieurs symptômes doivent être pris au sérieux lorsqu’une personne travaille dans un environnement chaud :
- une fatigue inhabituelle ou brutale ;
- une soif intense ;
- des maux de tête ;
- des nausées et des vomissements ;
- des crampes ;
- des vertiges ou une sensation de malaise ;
- une respiration rapide ;
- un pouls accéléré ;
- une peau chaude et rouge ;
- des troubles de la concentration ;
- un comportement inhabituel, des propos incohérents ou de la confusion ;
- une perte de connaissance.
La confusion, l’altération du comportement ou la perte de connaissance constituent des signes de gravité. Dans cette situation, il ne faut pas attendre de voir si l’état s’améliore avec quelques minutes de repos.
Il faut appeler ou faire appeler le 15 ou le 112, mettre la victime à l’ombre ou dans un lieu frais, retirer les vêtements superflus et commencer à la rafraîchir. Si elle est consciente, elle peut boire de l’eau fraîche en petites quantités. Si elle perd connaissance, elle doit être placée en position latérale de sécurité en attendant les secours.
Un coup de chaleur n’est pas un épisode que l’on traite avec une boisson fraîche, une pause plus longue ou un complément alimentaire. Il nécessite une réaction rapide et, lorsqu’il est suspecté, l’intervention de professionnels de santé.
Pourquoi la chaleur au travail reste un risque sous-estimé
La chaleur fait partie des risques professionnels les plus visibles, mais pas toujours des mieux anticipés. Elle ne touche pas uniquement les salariés du bâtiment, de l’agriculture ou des espaces verts. Les travailleurs de la restauration, de la logistique, de l’industrie, de la blanchisserie, de la métallurgie, de la maintenance, de la livraison ou des transports peuvent également être exposés.
Les bureaux ne sont pas non plus automatiquement protégés. Une façade vitrée, une ventilation insuffisante, un bâtiment mal isolé ou un poste situé sous les toits peuvent transformer une journée de travail sédentaire en épreuve physique.
Le risque dépend de plusieurs facteurs qui se cumulent :
- la température ambiante ;
- l’humidité ;
- l’exposition directe au soleil ;
- la durée de l’exposition ;
- la pénibilité physique des tâches ;
- le port de vêtements ou d’équipements de protection ;
- l’absence de ventilation ;
- l’accès insuffisant à l’eau ;
- l’intensité du rythme de travail ;
- l’état de santé et l’âge du salarié ;
- certains médicaments susceptibles d’influencer la thermorégulation.
Une personne habituée à travailler dehors n’est pas invulnérable. L’INRS souligne que l’acclimatation à la chaleur est progressive et temporaire. Elle peut s’atténuer après plusieurs jours sans exposition. Reprendre un travail physique sous forte chaleur après des congés, un arrêt ou une période moins chaude exige donc une vigilance particulière.
Le corps ne prévient pas toujours assez tôt
La transpiration, la sensation de chaleur ou la soif ne sont pas des indicateurs parfaitement fiables. Certains salariés continuent à travailler malgré une fatigue importante, parce qu’ils veulent terminer une tâche, ne pas ralentir l’équipe ou respecter une échéance.
Cette logique est particulièrement risquée dans les métiers où la pénibilité est normalisée. Sur un chantier, dans une cuisine ou dans un entrepôt, souffrir de la chaleur peut être perçu comme une contrainte inévitable du métier. Or, la prévention ne doit pas dépendre de la capacité individuelle à endurer.
Le danger augmente également lorsque le salarié travaille seul, lorsque l’encadrement est absent ou lorsque les collègues ne sont pas formés à reconnaître les premiers signes d’alerte. Une baisse de vigilance peut aussi accroître le risque d’accident : chute, erreur de manipulation, mauvaise coordination, geste imprécis ou collision avec un engin.
Des formulaires plus sécurisés, mais une question de visibilité sanitaire

L’évolution récente des avis d’arrêt de travail répond d’abord à un impératif de sécurisation. L’Assurance maladie a rendu obligatoire le nouveau formulaire papier sécurisé lorsque la télétransmission n’est pas possible. Ce document comporte plusieurs éléments d’authentification, comme une étiquette holographique et une encre spécifique, afin de limiter les falsifications.
L’Assurance maladie indique que la télétransmission est déjà privilégiée dans la grande majorité des cas. Lorsqu’un arrêt papier est nécessaire, les anciens formulaires, les scans et les photocopies ne sont plus acceptés depuis septembre 2025.
Cette évolution ne signifie pas qu’un médecin ne peut plus constater les conséquences de la chaleur sur la santé d’un patient. Le professionnel de santé reste libre de son diagnostic et de sa décision de prescrire, ou non, un arrêt de travail. Le motif médical figure sur les volets relevant du secret médical, non sur celui remis à l’employeur.
Mais le débat soulevé par la disparition apparente de certaines formulations mérite d’être entendu. Dans une société où les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et où l’organisation du travail est appelée à s’adapter, la précision des mots compte.
Nommer un risque permet de mieux le prévenir
Les catégories administratives ne racontent jamais à elles seules la réalité du travail. Elles peuvent toutefois contribuer à rendre certains phénomènes visibles, à guider les analyses et à nourrir la prévention.
Si le coup de chaleur est seulement absorbé dans des catégories trop larges — malaise, fatigue, déshydratation, arrêt maladie de courte durée — il devient plus difficile d’identifier les secteurs, les situations ou les organisations de travail les plus problématiques.
Cette invisibilité statistique potentielle ne doit pas être surestimée : tous les cas de chaleur au travail ne débouchent pas sur un arrêt maladie, et tous les arrêts ne permettent pas de documenter précisément les conditions d’exposition. Mais elle doit encourager les entreprises à renforcer leurs propres outils de remontée d’information.
Un registre des incidents, l’analyse des malaises, les échanges avec le service de prévention et de santé au travail, la consultation du comité social et économique et la mise à jour du document unique d’évaluation des risques professionnels sont autant de moyens de ne pas réduire le sujet à une case administrative.
Depuis 2025, la prévention de la chaleur devient plus structurée
La chaleur n’est plus seulement une affaire de bon sens ou d’ajustements improvisés lors d’une canicule. Depuis le 1er juillet 2025, les employeurs doivent intégrer les épisodes de chaleur intense dans leur démarche de prévention des risques professionnels.
Le cadre réglementaire renvoie notamment aux vigilances météorologiques jaune, orange et rouge. L’enjeu est d’évaluer les risques selon la réalité des postes, puis de prendre des mesures adaptées.
Les textes ne fixent pas une température maximale universelle au-delà de laquelle toute activité devrait cesser. Cette absence de seuil automatique ne dispense pas l’employeur de son obligation de prévention. La dangerosité d’une situation dépend de la température, mais aussi de la nature de l’effort, de l’humidité, de l’ensoleillement, de la ventilation, de la durée de l’exposition et de l’état des salariés.
Les mesures attendues de l’employeur
En période de forte chaleur, la prévention doit s’appuyer sur des solutions concrètes. Parmi les mesures envisageables figurent :
- l’adaptation des horaires pour réduire l’exposition aux moments les plus chauds ;
- le report ou la limitation des tâches physiquement les plus exigeantes ;
- l’aménagement de pauses plus fréquentes ;
- la mise à disposition d’eau potable et fraîche ;
- la création d’espaces ombragés, ventilés ou rafraîchis ;
- l’adaptation des tenues de travail et des équipements de protection ;
- l’amélioration de la ventilation des locaux ;
- l’organisation de la rotation des équipes ;
- l’information des salariés sur les symptômes et les gestes de secours ;
- une attention renforcée aux travailleurs isolés ;
- la prise en compte des personnes particulièrement vulnérables.
Dans le bâtiment et les travaux publics, l’accès à l’eau et aux espaces de repos est particulièrement crucial. Mais l’obligation de prévention concerne tous les secteurs. Une entreprise tertiaire qui laisse ses salariés travailler dans des locaux surchauffés doit aussi analyser et traiter le risque.
L’eau ne suffit pas à protéger un salarié
Mettre une fontaine à disposition est utile, mais cela ne remplace pas une organisation du travail adaptée. Un salarié peut avoir accès à de l’eau sans pouvoir interrompre sa tâche, sans endroit frais pour récupérer ou sans liberté suffisante pour signaler qu’il se sent mal.
La prévention efficace ne repose donc pas sur une injonction individuelle du type « pensez à boire ». Elle repose sur une responsabilité collective : l’entreprise doit donner les moyens matériels et organisationnels de se protéger.
Il est également préférable d’éviter les messages culpabilisants. Un salarié victime d’un malaise lié à la chaleur ne doit pas être présenté comme quelqu’un qui n’aurait pas assez bu ou qui serait insuffisamment résistant. La chaleur devient dangereuse lorsque les conditions de travail ne permettent plus au corps de compenser l’effort demandé.
Arrêt maladie, accident du travail : ne pas confondre les situations

Lorsqu’un problème de santé survient pendant ou après une exposition à la chaleur, plusieurs qualifications peuvent être envisagées selon les circonstances. Il ne revient ni au salarié ni à l’employeur de trancher seuls une question médicale ou administrative complexe.
Un arrêt de travail pour maladie peut être prescrit lorsqu’un médecin estime que l’état de santé ne permet pas de travailler. Le professionnel de santé établit l’avis d’arrêt et précise les éléments médicaux destinés au service médical de l’Assurance maladie.
En cas d’accident survenu au temps et au lieu du travail, une déclaration d’accident du travail peut être pertinente. Le malaise lié à la chaleur n’est pas automatiquement reconnu comme tel : les circonstances, les preuves et l’instruction du dossier comptent. Il est donc essentiel de signaler rapidement l’événement à l’employeur, de décrire les faits de manière précise et de consulter sans délai.
Pour le salarié, l’essentiel est de ne pas minimiser l’incident. Il peut être utile de noter l’heure, le lieu, la température ressentie, la tâche réalisée, les personnes présentes, les symptômes et les premiers gestes effectués. Ces éléments peuvent aider à reconstruire la situation, notamment si l’état de santé se dégrade après coup.
Respecter le délai de transmission de l’arrêt
Lorsqu’un arrêt de travail papier est remis, le salarié doit respecter les démarches prévues. Selon l’Assurance maladie, les volets 1 et 2 doivent être adressés à la caisse dans les 48 heures, tandis que le volet 3 est remis à l’employeur pour les salariés.
Le motif médical ne doit pas figurer sur le volet destiné à l’employeur. Le secret médical protège le salarié : l’entreprise est informée de l’absence, mais n’a pas à connaître le diagnostic.
Le nouveau formulaire sécurisé ne change donc pas la nécessité fondamentale de consulter un professionnel de santé lorsque les symptômes le justifient. Il ne doit pas non plus alimenter une suspicion générale à l’égard des salariés arrêtés. Un arrêt de travail est un acte médical, pas une preuve à charge.
Que doivent faire les salariés exposés à la chaleur ?
Le salarié n’a pas à attendre l’apparition de symptômes graves pour agir. Prévenir son responsable, demander une pause, boire régulièrement, rechercher un espace frais ou signaler un équipement inadapté relève d’une démarche de prévention normale.
Quelques réflexes simples peuvent être utiles :
- boire de l’eau régulièrement, sans attendre une soif intense ;
- éviter l’alcool avant et pendant une journée de travail exposée ;
- porter une tenue compatible avec les exigences de sécurité et adaptée à la chaleur ;
- informer son responsable en cas de fatigue inhabituelle, de vertiges ou de nausées ;
- surveiller l’état de ses collègues, particulièrement lors de travaux physiques ;
- ne pas laisser seul un salarié présentant des signes de malaise ;
- demander un avis médical en cas de symptômes persistants ;
- appeler immédiatement les secours devant des troubles de conscience ou un comportement anormal.
Les salariés sous traitement ou vivant avec une pathologie chronique ne doivent pas modifier leur médication de leur propre initiative à l’approche d’une période chaude. Certains médicaments peuvent influencer la tolérance à la chaleur, mais toute adaptation doit être discutée avec le médecin ou le pharmacien.
Et la spiruline dans tout cela ?
La spiruline est régulièrement présentée comme un aliment intéressant pour ses apports nutritionnels, notamment en protéines et en micronutriments. Elle ne constitue toutefois pas une solution de prévention ou de traitement du coup de chaleur.
Aucun complément alimentaire ne remplace :
- l’accès à l’eau ;
- le repos ;
- l’ombre ou un espace frais ;
- l’adaptation de l’activité professionnelle ;
- l’organisation des pauses ;
- l’évaluation médicale en cas de symptômes ;
- l’intervention des secours face à une urgence.
Présenter la spiruline comme un « bouclier » contre les effets d’une canicule serait trompeur et potentiellement dangereux. En matière de chaleur, la priorité reste toujours la prévention des expositions, l’organisation du travail et la prise en charge rapide des malaises.
À retenir
- Le coup de chaleur est une urgence médicale qui peut être mortelle.
- Il ne doit pas être confondu avec une simple gêne liée à la chaleur ou une fatigue estivale ordinaire.
- La disparition apparente de certaines formulations dans les outils administratifs ne fait pas disparaître le risque réel sur les lieux de travail.
- Les arrêts maladie papier doivent désormais utiliser un formulaire sécurisé lorsque la télétransmission n’est pas possible.
- Le secret médical demeure : l’employeur ne reçoit pas le diagnostic du salarié.
- Depuis juillet 2025, les employeurs doivent mieux intégrer les épisodes de chaleur intense dans leur prévention.
- Eau, pauses, horaires adaptés, espaces frais et réorganisation des tâches constituent des mesures complémentaires.
- En cas de confusion, de malaise important ou de perte de connaissance, il faut appeler le 15 ou le 112.
- La spiruline et les compléments alimentaires ne préviennent ni ne soignent un coup de chaleur.
FAQ
Le coup de chaleur peut-il survenir sans exposition directe au soleil ?
Oui. Il peut apparaître dans un local chaud et mal ventilé, lors d’un effort intense, dans une cuisine, un atelier, un entrepôt ou un véhicule. L’exposition directe au soleil augmente le risque, mais n’est pas indispensable.
Quelle différence entre déshydratation et coup de chaleur ?
La déshydratation correspond à un manque d’eau dans l’organisme. Elle peut contribuer à l’apparition d’un coup de chaleur. Le coup de chaleur est une situation plus grave : le corps ne parvient plus à réguler sa température et des troubles neurologiques peuvent apparaître.
Peut-on aller travailler pendant une canicule ?
Oui, sauf si l’état de santé ne le permet pas ou si les conditions de travail présentent un danger. L’employeur doit mettre en place des mesures de prévention adaptées. La situation doit être appréciée selon le poste, les tâches, l’exposition réelle et les protections disponibles.
L’employeur peut-il connaître le motif médical de mon arrêt ?
Non. Le volet remis à l’employeur ne comporte pas le motif médical. Les informations médicales sont destinées au service médical de l’Assurance maladie et restent protégées par le secret médical.
Que faire si un collègue semble confus à cause de la chaleur ?
Il faut considérer la situation comme une urgence potentielle : alerter les secours au 15 ou au 112, installer la personne dans un endroit frais, retirer les vêtements superflus, commencer à la rafraîchir et la surveiller en attendant l’arrivée de l’aide.
Le droit de retrait s’applique-t-il automatiquement en cas de forte chaleur ?
Non. Il n’existe pas de seuil de température unique déclenchant automatiquement un droit de retrait. Cette possibilité dépend d’un danger grave et imminent pour la santé ou la sécurité, apprécié en fonction des circonstances concrètes.
La spiruline peut-elle aider à prévenir un coup de chaleur ?
Non. La spiruline ne remplace ni l’hydratation, ni les pauses, ni les mesures de prévention mises en place par l’employeur. Elle ne permet pas de traiter un coup de chaleur et ne doit jamais retarder un appel aux secours.
La modernisation des formulaires d’arrêt de travail répond à une exigence de sécurité administrative. Elle ne doit cependant pas détourner l’attention de la réalité sanitaire : les salariés continueront d’être exposés à des chaleurs intenses, dans les métiers les plus physiques comme dans des bureaux insuffisamment adaptés.
Lorsque le terme « coup de chaleur » devient moins visible dans les procédures, il importe de le rendre plus visible dans les pratiques de prévention. Cela passe par une meilleure formation, une vigilance partagée, des organisations de travail adaptées et une prise au sérieux immédiate des malaises.
La question essentielle ne tient finalement pas à la seule présence d’un libellé sur un formulaire. Elle est beaucoup plus concrète : un salarié qui se sent mal sous forte chaleur peut-il s’arrêter sans crainte, être entendu, être mis à l’abri et recevoir rapidement les soins nécessaires ? C’est à cette capacité de prévention que se mesure réellement la protection de la santé au travail.


